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Interview > Arthur Le Vaillant, un jeune loup de mer prometteur...

Cette interview part d'un coup de coeur. Pour un jeune skipper, Arthur le Vaillant, plein de promesses et qui correspond à notre état d'esprit : aventurier dans l'âme, qui croit en son destin, tenace dans l'adversité, qui suit sa voie et s'en tient, impertubable, au cap fixé. Bref, Arthur ne vit pas de ses rêves mais vit ses rêves. Avec une faim de jeune loup de mer. D'où notre désir et volonté de partager ce coup de coeur.

À 21 ans, Arthur Le Vaillant est sans doute l’un des grands noms de la voile de demain. Passé, avec succès, par la planche à voile, il vise, après une belle course sur la Solo des Sables, une première participation à La Solitaire du Figaro cet été. Amoureux de la nature, concerné par l’avenir de la planète, le jeune rochelais dégage une étonnante maturité. Et il cherche des sponsors… À bon entendeur…

D'où vous vient cette passion pour la mer ? Et la navigation ?
Ce n'est pas très orignal, vous allez me dire, mais « je suis tombé dedans quand j'étais petit », voir même vraiment tout petit. Je vis dans un monde de marins depuis ma naissance et je n’ai jamais cessé de vivre dans cet univers maritime. J'ai commencé à faire du surf à 5 ans, de l'Optimist vers 6 ans, et puis la compétition m' a attiré et je suis rentré en sport-études voile à La Rochelle, ma ville. Depuis je n’ai pas arrêté. J'adore la glisse, la vitesse… Et la mer me permet d'assouvir ce besoin viscéral, tout comme la montagne d'ailleurs. Mais il faut bien dissocier deux choses comme vous le faites : la mer et le fait de naviguer…

''J'aime me mesurer à plus fort que moi''

C’est-à-dire ?
D’abord, j'aime la beauté et la contemplation esthétique des choses. Qui a-t-il de plus beau, de plus pur et de merveilleux que la nature ? Je suis fasciné par cette immensité qu'est la mer, fasciné par ses secrets, par ses colères sublimes et ses instants de calmes majestueux. C'est en mer que j'ai passé peut être les plus beaux instants de ma vie, que j'ai observé les plus beaux couchés de soleil, que j’ai assisté aux plus beaux ciels étoilés.

Ensuite et avant tout il y a la navigation. Surtout la régate et la compétition qui rythment ma vie depuis plus de 15 ans déjà. Je suis sportif et donc compétiteur. La voile est pour moi l'un des sports les plus complets qui existent. En mer, et, particulièrement en solitaire, il faut savoir tout faire. C’est d’une exigence extrême. Ce que j'aime par-dessus tout : me mesurer à plus fort que moi. C'est pour cela que j'ai fait de l'olympisme, et que je fais tout pour être sur la ligne de départ de la prochaine Solitaire du Figaro afin de m’y présenter dans de bonnes conditions. Car c'est dans la difficulté que l'on progresse. L'obstacle n'est là que pour être surmonté.

S’il y en a, quels sont vos maîtres, vos inspirateurs ?
Je n'ai pas vraiment de maîtres, mais des inspirateurs, oui. Des marins qui me font rêver ? Ils sont plutôt nombreux ! S’il fallait en retenir quelques-uns seulement… Peut-être Florence Arthaud que j'admire profondément et qui m'apporte son soutien ; Loick Peyron, qui est un marin exceptionnel, Franck Camas, qui est aussi l'un des marins les plus polyvalents que je connaisse ou Thomas Coville, qui a récemment accompli un exploit lors de son dernier tour du monde en trimaran. Mais il y en a beaucoup d'autres. Comme mon père par exemple.

''Un grand skipper est aussi un meneur d'hommes…''

Quelles sont, selon vous, les qualités d'un grand marin ?
La ténacité, la rigueur, la persévérance, le courage, l'engagement, et peut-être un peu de « folie créatrice ». Personnellement, je fais la différence entre les grands marins et les grands skippers. Des grands marins, il y en a beaucoup. De grands skippers, beaucoup moins. Je m’explique : il y a peu de différences entre les deux, mise à part le fait de savoir se vendre et vendre un projet. Car le plus dur dans notre métier, c’est bien de trouver les partenaires permettant le lancement du projet. Et puis, un grand skipper est aussi un meneur d'hommes…

À quelles courses par le passé avez-vous participé ? Et quelles leçons en tirez vous ?
J'ai fait à peu près 170 régates, dont des championnats du monde, d'Europe, de France où j'ai fait des podiums. J’ai aussi participé à des semaines olympiques et évidemment à des régates en solitaire pour me sélectionner à La Solitaire du Figaro. Ce qui est bien, en voile, c'est que chaque régate est différente. À chaque fois, ce sont de nouvelles expériences. Il faut bien sûr savoir faire les bilans de ses erreurs, prendre le temps et la distance pour les analyser, pour travailler les points faibles !

Ce que je crois : même quand on gagne, la course parfaite n'existe pas. Et c’est ce qui est génial. Si l'on est devant, c'est tout simplement que l'on fait moins d'erreurs que les autres. Mais on en fait toujours…

Comment se déroule votre préparation à la Solitaire du Figaro ? À quels détails/éléments accordez-vous le plus d'importance ?
En ce moment, je consacre pas mal de temps à ma recherche de partenaires, car sans eux… Pas de Solitaire ! D’ailleurs, si certains ne se sont pas manifestés… Qu’ils n’hésitent pas ! J'accorde aussi beaucoup d'importance au travail sur la météo : prévoir le vent, être réactif devant ma carte isobarique pour pouvoir anticiper. C'est essentiel pour la stratégie. L'anticipation, c'est la clé. Il faut toujours avoir un coup d'avance.

Outre la Solitaire, à quelles courses (mythiques) souhaiteriez-vous participer ?
J'en ai tellement en tête... Je veux en faire le plus possible, car mon ambition, comme beaucoup d'autres, c'est d'acquérir le plus d'expérience sur différents supports pour devenir le meilleur partout... Il y a donc la Route du Rhum en trimaran que je ferais bien, Le Vendée Globe bien sûr, des raids en catamaran de sport, la Volvo Ocean Race, les JO… Et puis d'autres, qui n’existent pas encore, mais que j'ai dans la tête et que j'inventerais bien dans les années à venir.

Où en êtes-vous dans la recherche de sponsors ? Comment comptez-vous les mobiliser ? 
Pour le moment, j'ai des partenaires techniques, institutionnels qui ont manifesté leur confiance et leur fidélité depuis un moment. Il manque encore des partenaires financiers qui permettront le lancement définitif du projet. Avec ma petite équipe de Génération 21, je suis donc en pleine recherche active d’une ou plusieurs entreprises qui auront la bonne idée de s’engager à mes côtés. L’engouement existe. Dernièrement, on m’a prêté un Figaro pour disputer la Solo des Sables, l’une des premières épreuves qualificatives pour La Solitaire du Figaro et ça s’est plutôt bien passé malgré quelques ennuis techniques. Il ne manque donc plus que la dernière impulsion, mais j’y crois très fort.



 

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